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Qu'est-ce qu'un LBO ? Le montage financier de la reprise d'entreprise expliqué

16 juin 2026 par
Qu'est-ce qu'un LBO ? Le montage financier de la reprise d'entreprise expliqué
FIRST CAPITAL CLUB, Vianney Puydupain

Qu'est-ce qu'un LBO ? Le montage financier de la reprise d'entreprise expliqué simplement

Quand un repreneur rachète une PME, il utilise rarement uniquement ses fonds propres. Il s'appuie sur un mécanisme financier appelé LBO — Leveraged Buy-Out, littéralement "rachat avec effet de levier". C'est la technique de financement la plus utilisée dans la reprise d'entreprise — et pourtant elle reste mal comprise par la majorité des repreneurs qui débutent leur parcours.


La définition du LBO en 30 secondes

Un LBO est un montage financier qui consiste à racheter une entreprise en utilisant principalement de la dette, remboursée ensuite par les flux de trésorerie générés par l'entreprise acquise.

En clair : vous n'avez pas besoin d'avoir 100 % du prix d'acquisition en cash. Vous apportez une partie (les fonds propres), une banque prête le reste (la dette), et c'est l'entreprise rachetée qui rembourse la banque grâce à ses bénéfices.


La structure de base : la holding de reprise

Le LBO repose sur la création d'une holding de reprise — une société (SAS ou SARL) créée spécifiquement pour porter l'acquisition.

La structure en pratique : vous apportez vos fonds propres dans la holding → la holding emprunte le complément à la banque → la holding achète 100 % des titres de la PME cible → la PME remonte ses dividendes vers la holding → la holding rembourse la banque avec ces dividendes.

Ce mécanisme de remontée de dividendes est optimisé fiscalement via le régime mère-fille, qui permet d'exonérer quasi totalement les dividendes remontés de la filiale vers la holding.


L'effet de levier : l'exemple chiffré

PME valorisée à 2 M€, EBITDA annuel de 400 000 €.

Sans LBO : vous devez disposer de 2 M€ en cash. Rarement possible.

Avec LBO :

  • Apport fonds propres (vous) : 600 000 € (30 %)
  • Dette bancaire senior : 1 400 000 € (70 %)
  • Total : 2 000 000 €

La holding rembourse la dette avec les dividendes remontés par la PME. Avec 400 000 € d'EBITDA, la PME remonte environ 200 000 à 250 000 € par an. La dette de 1,4 M€ est remboursée en 6 à 8 ans.

Le retour sur investissement : si à la revente la PME vaut toujours 2 M€, le repreneur récupère 2 M€ pour un apport de 600 000 € — soit un multiple de 3,3x. Bien sûr si la santé de l'entreprise, son organisation et l'EBITDA ont progressé pendant la détention, le multiple est encore plus élevé.


Les composantes du financement LBO

La dette bancaire senior

Accordée directement à la holding de reprise. Les banques acceptent généralement un ratio dette/EBITDA entre 3x et 5x selon le secteur et la qualité du dossier. Durée : 5 à 7 ans, avec un différé d'amortissement possible de 6 à 12 mois.


Les fonds propres du repreneur

Entre 20 et 40 % du prix d'acquisition. Plus votre apport est élevé, meilleures sont les conditions bancaires. Si votre apport est insuffisant, vous pouvez le renforcer en faisant entrer des investisseurs au capital de votre holding — c'est exactement le modèle BetheNew.


Le renforcement de fonds propres par des investisseurs

BetheNew structure un club deal d'investisseurs-entrepreneurs qui co-investissent jusqu'à 500 000 € dans votre holding, en restant minoritaires via un mixte equity / obligations. Vous accédez à des PME plus structurées et ambitieuses, vous négociez mieux avec les banques, et vous bénéficiez d'une expertise sectorielle en plus du capital - le tout en étant accompagné en amont et surtout en aval de la reprise.


Les ratios clés à maîtriser

Dette nette / EBITDA — le ratio d'endettement de référence. Les banques acceptent jusqu'à 4-5x l'EBITDA pour les PME de qualité.

DSCR (Debt Service Coverage Ratio) — ratio de couverture du service de la dette. Le cash-flow disponible doit couvrir les annuités bancaires avec un minimum de 1,2x. Idéalement 1,4x à 1,6x.


Les risques du LBO

Le risque de performance. Si l'EBITDA se dégrade après la reprise, la holding ne peut plus rembourser la banque. C'est pourquoi la due diligence et l'accompagnement post-reprise sont critiques.

Le risque de trésorerie. La holding doit payer ses annuités même si la PME traverse une période difficile. Prévoyez une réserve de trésorerie au niveau de la holding.

Le risque de taux. Si votre dette est à taux variable, une hausse des taux alourdit les annuités. Négociez une partie de la dette à taux fixe.


Le montage type BetheNew

  • Fonds propres du repreneur : 25-30 %
  • Co-investissement BetheNew club deal (equity + obligations) : 15-20 %
  • Dette bancaire senior : 50-55 %
  • Crédit vendeur (selon les cas) : 5-10 %

Ce montage permet de viser des PME valorisées 20 à 50 % au-dessus de ce que le repreneur pourrait financer seul — tout en gardant la majorité du capital.

Pour aller plus loin

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Article rédigé par l'équipe BetheNew — Accélérateur de reprise d'entreprise. Juin 2026.

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